Histoire de la magie blanche

La magie blanche a existé, existe et existera toujours, elle se pratique dans toutes les cultures, sur tous les continents. Ses rituels se sont améliorés au fil de l’histoire, de la préhistoire à nos jours. Les hommes ont toujours fait appel à sa puissance pour obtenir ce qui leur était inaccessible par d’autres voies. 

De nombreux précurseurs se sont succédé tels les mages de Babylone, les prêtres de l’ancienne Egypte, les magiciens perses, les druides, et plus récemment, les chamans et les sorcières au moyen-âge. Tous ces personnages se basent sur leur connaissance des sciences et des pouvoirs de la nature, sur l’interprétation des astres, sur leur capacité intuitive et dans certains cas sur leur don divin.

magie blanche

Dans chaque lieu et pour chaque époque de l’histoire, la magie blanche fascine, elle suscite l’estime et l’émerveillement de beaucoup. Cependant, la puissance qu’elle dégage et l’orientation de certains rituels pouvaient provoquer la méfiance.

 

En effet, c’est à partir du XVe siècle que la sorcellerie fut condamnée par l’église (catholiques et protestants) jugeant cette pratique comme incontrôlable. Dès lors, de nombreux Mages furent persécutés, jugés et emprisonnés. D’autres furent brûlés, telles les sorcières, accusées de vénérer les esprits et les anges déchus. Une escalade de violence suivit, certains l’utilisent alors pour se protéger mais d’autres n’hésitent pas à se venger en utilisant la puissance de la magie noire.

Le premier expert : le Druide

 

Le druide fait partie des premiers spécialistes de magie blanche. C’est un scientifique qui étudie les mouvements des astres et les plantes de la nature. On l’admire et le respecte. Il faut souligner qu’en entretenant une étroite relation avec la nature, il parvient à comprendre ses nombreux bénéfices (guérison par les plantes, moments opportuns pour les semis, le changement de temps pour les récoltes…).

Les druides occupaient des postes de médecins, de diplomates ou d’enseignants. Certains d’entre eux étaient consultants militaires ou juristes, ils étaient divisés en deux classes :

– les barbes, qui devaient transmettre le savoir, le plus souvent oralement (très peu d’écrits existent).

– les vates, qui pratiquaient les rituels magiques (souvent aidés par des femmes).

 

La mythologie

 

L’histoire de la mythologie commence en Égypte, c’est bien après que la mythologie passa dans l’occident, où les Grecs l’adoptent et la transforment avant de la transmettre aux Romains. On retrouve les premières références aux pratiques occultes avec le dieu de la mythologie égyptienne Zahouiti. Les Grecs lui donneront plus tard le nom de Thot.

Ce dieu (surnommé le seigneur du temps) se représente sous la forme mixte d’un humain et d’un ibis (oiseau au plumage blanc).

thot mythologie magie blanche

Il régit les cycles de la lune et détient le savoir illimité. Thot incarne l’intelligence et les connaissances liées à la médecine, l’astronomie, la divination et à la magie blanche. Il est capable de déchiffrer les formules magiques auxquelles certains dieux ne peuvent résister. De plus, il connait toutes les sciences et doit les diffuser par l’intermédiaire d’une forme d’écriture qu’il invente : les hiéroglyphes. Par ailleurs, les Égyptiens pensent qu’il est l’auteur du calendrier et des plans des pyramides.

La magie blanche à travers l’histoire

 

La préhistoire

 

Il est fort probable que les pratiques occultes en général et la magie blanche en particulier remontent à l’ère préhistorique. En effet, partout dans le monde et de tout temps, les hommes ont cherché à communiquer avec les esprits. Les vestiges les plus formidables que nous ont laissés nos ancêtres figurent sur les parois des grottes, mais des mystères demeurent…

En effet, contrairement aux idées reçues, nos ancêtres n’habitaient pas dans les grottes profondes, mais en lisière. De nombreuses découvertes le prouvent. Pourtant les plus belles peintures et gravures figurent souvent à plusieurs dizaines de mètres de l’entrée. Ces découvertes dans les grottes profondes sont différentes des animaux et autres scènes de chasse trouvée proche des entrées. Elles sont plus énigmatiques, plus mystérieuses et certaines représentations ne sont toujours pas expliquées.

préhistoire et magie blanche

Il est possible qu’il s’agisse des premiers signes de pratiques ésotériques. Voici une théorie partagée par de nombreux archéologues : les tribus apparemment primitives avaient leur guide, souvent représenté par des femmes. Ce qui n’est pas étonnant puisqu’elles avaient le pouvoir de donner la vie. Les femmes de l’époque étaient comme les mages d’aujourd’hui : ce sont elles qui transmettaient le savoir, qui guérissaient et qui pouvaient entrer en transe en réalisant des rituels. C’est dans ces moments particuliers qu’elles gravent et peignent au plus profond des grottes.

Les représentations découvertes servaient-elles à favoriser la chasse, à guérir ou à communiquer avec le monde des esprits ? Nul ne peut l’affirmer, mais il est tout à fait raisonnable de penser qu’il s’agisse des premiers signes de pratiques ésotériques.

Son histoire dans l’antiquité

 

La première à apporter une preuve écrite concernant la magie blanche  fut la civilisation égyptienne. En effet, un papyrus exposé au musée de Berlin atteste du premier cas écrit : 2600 avant notre ère, le mage Djedi (prince de la 4e dynastie), trancha la tête d’une oie devant le roi Khéops et la ressuscita après avoir prononcé une formule magique.

De nombreux autres documents en papyrus attestent la présence de pratiques occultes dans l’antiquité. Beaucoup ont été détruits par l’église mais certains papyrus, bien que fortement délabrés, démontrent l’importance de l’ésotérisme dans l’Égypte antique. Bien que difficile à traduire, on peut affirmer qu’ils contenaient des formules et des représentations de rituels d’envoûtement. D’autre part, de très nombreuses tablettes en plomb (destinées à envoûter une personne) et beaucoup d’amulettes (pour se protéger) furent découvertes, provenant de cette époque.

Sous l’Empire romain, la magie devient de plus en plus fréquente, elle touche la médecine, l’astrologie et la voyance.

Rome finira par punir et interdire les rituels de magie blanche la considérant comme une hérésie. En outre, l’église s’inquiète de cette concurrente et bannit les prêtres qui osent s’occuper de sorcellerie.

 

La magie blanche et le christianisme

 

Il faut bien dire que la réputation de l’ésotérisme était déjà mauvaise avant la venue du Christ. En effet,  l’Ancien Testament la condamnait déjà : « tu ne laisseras pas vivre la sorcière » (exode, XX11,18).

Pourtant, en 313, l’empereur Constantin 1er la tolère, mais uniquement à des fins thérapeutiques. Par la suite, ses successeurs la désapprouvent dans son ensemble, qu’elle soit curative ou pas.

christianisme et magie blanche

Vers le 9e siècle, tous ceux qui touchaient à l’occultisme, à l’astrologie ou à la divination étaient punis de 5 ans d’emprisonnement. Ces pratiques sont considérées comme démoniaque, troublant l’esprit des hommes et l’équilibre de la nature. Mentionnons que le pape Jean 12, en 1326, qualifie les rituels magiques d’hérésie.

La situation s’aggrave avec la guerre de Cent Ans (de 1337 à 1453) et surtout avec la peste noire (en 1347). En effet, ce sont des périodes où la population trouve en l’ésotérisme un bouc émissaire. De nombreux adeptes furent condamnés et brûlés sur des bûchers, c’est le début de la chasse aux sorcières (vers 1484). 

Son histoire au moyen-âge

 

Les études sur la magie blanche au moyen-âge reposent beaucoup sur des manuscrits traduits en latin par les moines. Ce sont en premier les hommes d’Église qui trouvèrent un intérêt croissant pour cet art permettant de satisfaire nombre de leurs paroissiens.

Ensuite, d’autres pratiques ésotériques, comme la magie rouge et la sorcellerie deviennent plus populaires. De plus en plus de personnes la pratiquent pour soigner et protéger leur proche. C’est à cette époque où circulent de nombreuses histoires sous forme de grimoires.

magie rouge

Malheureusement, des dérives commencent à apparaître et des rituels se font à des fins de vengeance. Pour ces raisons, certaines sorcières médiévales commencèrent à être accusées et se trouvèrent de plus en plus isolées. 

Par la suite, tous ceux qui s’adonnent aux arts occultes sont considérés comme malfaisants et ce sont les femmes qui en firent les frais. En effet, il faut bien dire que les envoûteuses, jeteuse de sorts ou autres enchanteresses sont les plus nombreuses à cette époque.  Leurs étranges méthode de magie rouge et la peur de l’inconnue les firent rejeter par le peuple. 

Même leur représentation physique était péjorative : que ce soit la vielle femme laide vivant isolée ou la ravissante beauté symbole de tentation, toutes 2 étaient bannies.

Les précurseurs de la magie blanche

Jean Trithème (1462-1516) : élu abbé à 22 ans, c’est un passionné d’ésotérisme en général et de magie blanche en particulier, mais aussi d’astrologie et de numérologie. Il acquiert un immense savoir et crée son premier grimoire. L’histoire raconte qu’il protège ses travaux en les cryptant par sa propre méthode de chiffrement, proche de la sténographie. Ceci lui valut nombre de détracteurs l’accusant de sorcellerie.

Heinrich Cornelius (1486-1535) : plus connu sous le nom de Henri-Corneille Agrippa, ou encore Cornelius Agrippa, est le premier savant ésotérique. Il commence des études de lettres et se forme à la médecine vers 1502. Plus tard, il se consacre à l’alchimie, ce qui le fait accuser d’hérésie. Son ouvrage « la philosophie occulte » rassemble son savoir sur l’occultisme, l’alchimie et la magie noire. En 1518, il devient avocat et conseiller, ensuite, vers 1524, il devient médecin et astrologue. Il se perfectionne en technique de désenvoûtement et donne aussi des conférences sur l’occultisme.

John Dee (1527-1608) : C’est un célèbre physicien astronome et astrologue anglais qui consacra sa vie à la pratique de la magie blanche et à la divination. Extrêmement cultivé, il ouvre la voie à l’étude des sciences et de la magie, au moment où l’on commence à les différencier. Il donne des cours à l’université de Paris à seulement 20 ans. Parfois, il sert de conseiller pour des cas de sorcellerie ou de possession.

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